©Loll Willems
12/02/2016>13/02/2016

Trissotin ou les femmes savantes

Toutes les dates

  • 12/02/2016 - 20:00
  • 13/02/2016 - 20:00
Tarif : 
20 €, 16 €, 12 € selon justificatifs
Lieu : 
Montpellier > domaine d'O
Entrée
nord
Durée
2h15
Restauration

Une restauration légère est proposée tous les soirs de spectacle une heure avant la représentation et une heure après la représentation.

Par : 
La Criée - Théâtre National de Marseille

Comment ne pas rire, plus de trois siècles après sa création, de cette famille terrible où s’écharpent des femmes réclamant à corps et à cris leur émancipation intellectuelle, des philosophes de salon, qui n’ont de philosophes que le nom, et des hommes dépassés par les évènements ? Sous la houlette de Macha Makeïeff, ce grand classique du répertoire redonne toute sa place au Trissotin du titre qu’avait voulu Molière. Un plumitif flagorneur et flatteur qui déchaîne les passions, fracture la famille et se retrouve happé par son propre piège.

Macha Makeieff

Depuis 2011, Macha Makeieff dirige La Criée Théâtre national de Marseille, la ville dont elle est originaire et où elle a été l’élève du Conservatoire d’art dramatique. Etudiante à la Sorbonne et à l’Institut d’Art, elle rencontre Antoine Vitez qui lui offre de faire sa première mise en scène, et Jérôme Deschamps avec qui elle commence une aventure artistique de plus de vingt ans. Elle sera de tous les projets de leur compagnie, à l’écriture, la mise en scène, la création des costumes et des décors de leurs nombreux spectacles ; et à la réalisation des Deschiens. C’est ainsi que naîtra sur les scènes de théâtre un style reconnaissable entre tous. Ce regard tendre et cruel, drôle, décalé, se retrouve dans les spectacles qu’elle réalise à La Criée Les Apaches en 2012, Ali Baba en 2013 (tournée en 14 et 15) ; elle coréalise alors pour Arte 40 vignettes Ali Baba Marseille.
Ses affinités musicales la font se consacrer à la mise en scène d’opéras, de L’Enlèvement au sérail de Mozart au festival d’Aix-en-Provence, Les Brigands d’Offenbach à l’Opéra de Paris, Zampa, de Hérold, L’Etoile de Chabrier à l’Opéra Comique La Calisto de Cavalli au Théâtre des Champs-Elysées, Les Mamelles de Tirésias de Poulenc, Moscou quartiers des Cerises de Chostakovitch, La Veuve Joyeuse, à l’Opéra de Lyon... en passant par Mozart Short Cuts au Grand Théâtre de Provence.
En 2000, elle fonde avec Jérôme Deschamps Les Films de Mon Oncle, qui se consacre au rayonnement international et à la restauration de l’œuvre de Jacques Tati. Elle est directrice artistique du Théâtre de Nîmes de 2003 à 2008, et préside le Fonds de soutien à l’innovation au CNC entre 2009 et 2011.
Elle intervient régulièrement au Pavillon Bosio, école d’Arts plastiques de Monaco dont elle anime le comité scientifique. Elle réalise expositions et performances à La Fondation Cartier, au Parc de la Villette, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, à Carré d’Art de Nîmes, au Louvre, au Festival de Chaumont sur Loire, à la Cinémathèque française, à L’Alcazar... et signe la scénographie de l’exposition consacrée aux costumes de l’Opéra Comique, actuellement au Centre national du costume de scène de Moulins.

Le spectacle

Une famille se déchire au nom du bel esprit. D’un côté, Philaminte, sa fille Armande et sa belle-sœur Bélise, farouchement opposées au mariage, éprises de poésie, de philosophie et de science. De l’autre, Chrysale, bourgeois asservi aux caprices de sa femme Philaminte, la gracieuse Henriette, leur seconde fille et la servante Martine, l’incarnation du « bon sens ». Proches des Précieuses ridicules, les trois femmes dites savantes reflètent l’évolution des mœurs de l’époque qui n’a pas échappé à Molière, haussant leur mépris pour les affaires domestiques à la hauteur de leurs ambitions métaphysiques. Le mariage arrangé par Philaminte entre le flatteur Trissotin et Henriette, amoureuse de Clitandre, est au cœur de l’intrigue.
Les Femmes Savantes sont représentées la première fois en mars 1672 sur la scène du Palais-Royal, théâtre attitré de Molière depuis 1661. Une fois n’est pas coutume, la pièce est jouée seule, sans être suivie par une comédie en un acte. Le succès est immédiat, ce qui se traduit par des retombées financières des plus importantes dans l’histoire de la troupe de Molière.
Avec cette pièce, Molière ne répond pas à une commande du Roi, il reprend un sujet qui lui tient à cœur, l’accès des femmes au savoir, sujet pour lequel il avait déjà demandé officiellement un privilège dès décembre 1670. Les Femmes Savantes sont donc une œuvre à la fois de maturité – Molière a alors 50 ans – et de maturation comme le confirme sa composition très élaborée et une écriture versifiée que le poète n’avait pas pratiquée depuis Le Misanthrope en 1666.
Avec Les Femmes savantes, Molière entend donner une sœur cadette au Tartuffe et au Misanthrope. Plus qu’une satire des femmes ou du savoir, l’avant-dernière pièce de Molière est un portrait de famille où, sous couvert de doctrines universelles, l’intérêt règne en maître. La pièce raconte la folie régnante exploitée par un intrigant, la désagrégation d’une famille par la déraison du père ou de la mère. En écrivant une comédie sur les femmes savantes, Molière impose une vision sceptique du monde que seul le rire peut déjouer.

Distribution

Texte Molière
Mise en scène, décor et costumes Macha Makeïeff
Avec:
Marie-Armelle Deguy: Philaminte
Vincent Winterhalter ou Louis-Do de Lencquesaing: Chrysale
Arthur Igual ou Philippe Fenwick: Ariste
Maud Wyler: Armande
Vanessa Fonte: Henriette
Geoffroy Rondeau:  Trissotin
Thomas Morris: Bélise
Ivan Ludlow:  Clitandre
Atmen Kelif: Vadius
Karyll Elgrichi: Martine
Arthur Deschamps L’Epine: Julien
Camille de la Guillonnière: Le Notaire
Lumières: Jean Bellorini assisté d’Olivier Tisseyre
Son: Xavier Jacquot
Coiffures et maquillage: Cécile Kretschmar assistée de Judith Scotto.
Assistants à la mise en scène: Gaëlle Hermant et Camille de la Guillonnière
Assistante à la scénographie et accessoires: Margot Clavières
Construction d’accessoires: Patrice Ynesta
Assistante aux costumes: Claudine Crauland
Régisseur Général: André Neri
Iconographe: Guillaume Cassar
Diction: Valérie Bezançon
Fabrication du décor: Atelier Mekane

Production

Théâtre national de Marseille La Criée

Coproducteurs

Festival des Nuits de Fourvière ; TGP – Théâtre Gérard Philipe, Centre Dramatique National de Saint-Denis ; Centre Dramatique National Orléans/Loiret/Centre ; Avec le soutien du Centre Dramatique Régional de Tours