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    Du 3 au 10 Juillet 2020

    Après le succès des treize premières éditions qui ont rassemblé chacune près de 5000 spectateurs (La Belle Hélène, La Veuve joyeuse, West Side Story, La Périchole...), 

    le festival Folies d’O présente les 3, 4, 5, 9 et 10 juillet 2020 : Les FOLIES Michel LEGRAND.

    L’ennui avec Michel Legrand, c’est qu’il était partout à la fois. Etait-il jazz ? Post-classique lui qui avait étudié piano et composition au sein du vénérable Conservatoire national de Paris ? Était-il compositeur pour musiques de films, trois Oscars quand même ?  Ou simple auteur de chansons ? Etait-il « Peau d’âne » ou « Parapluies », primesautières « Sœurs jumelles » ou mélancoliques « Ronds dans l’eau » ? Partout à la fois, vous dit-on. Et la rationalité française qui n’aime rien tant que les étiquettes bien classifiantes, avait du mal à lui en attribuer une.

    Il faut dire qu’il y mettait du sien : faisait-il chanter Natalie Dessay qu’il la tenait à cent lieues de l’opéra. Venait-il de boucler les arrangements pour un disque de Nana Mouskouri qu’aussitôt il composait un concerto. Ou un ballet. Ou un opéra.

    Il n’est pas jusqu’au jazz où il ne conservait quelque chose d’irréductiblement français, de subtilement à part. Une anecdote dit tout : lors d’une session avec Miles Davis, John Coltrane, Bill Evans –excusez du peu- Michel Legrand depuis son piano s’était soudain mis à ordonner à ses suiveurs de luxe : « Get out ! Get out ! ». « Sortez ! » si on souhaite le sous-titre. Fâcheuse confusion avec « Get up ! », interjection qui était censée encourager Miles, John et Bill à se lever pour donner plus d’élan à la reprise.

    Pour autant les grands du jazz ne lui marchandaient pas leur admiration. Mais voilà, c’était Legrand : trop français pour être tout à fait jazz, trop jazz pour être tout à fait un sage compositeur français. Inutile de dire que cette diversité est, pour cette édition des Folies d’O transmutée en Festival Legrand, une malle aux trésors. En cinq soirées, c’est tout ce chatoyant héritage qui va être déballé sur la scène de l’amphi d’O.

    La comédie musicale bien sûr avec « Les Parapluies de Cherbourg » ; le jazz avec le quintet historique de Michel Legrand ; les grandes pages écrites pour le cinéma avec orchestre symphonique, danseurs, chanteurs, clins d’œil sur écran et, à la baguette, notre directeur artistique Jérôme Pillement, lui qui dirigea le dernier opéra de Michel Legrand « Dreyfus » …

    « Get up !”  pour Michel Legrand.

    J. VILACEQUE